S'engager pour mieux performer

6 juillet 2017|Par Josée Lemieux
S'engager pour mieux performer
S'engager pour mieux performer

S’engager pour mieux performer

Lorsque je travaille avec des joueurs de hockey, peu importe le calibre dans lequel ils sont impliqués, tout revient toujours à trois aspects spécifiques du sport : le physique, le technique et le mental.
Je ne m’occupe pas du physique et de la technique. Pour moi, la plupart des joueurs manquent de direction quant à la préparation mentale. Et je ne blâme pas personne. Comme je dis souvent, les joueurs n’hésitent pas à accumuler les heures de pratique sur glace et de conditionnement physique pour développer leur force et leur endurance, et c’est là que doivent être leurs intentions car cela fait partie du monde du hockey.
Le secret de la force mentale, quelle qu’elle soit, réside dans la répétition. Point. À tous les jours, dans toutes les sphères de la vie, incluant celle du hockey.
Par contre, pratiquer sa force mentale, qui ne requiert aucuns frais, équipements ou déplacements, semble être une tâche pas mal plus lourde que de faire du jogging, ou du bench press.

 

L’efficacité de travailler sur soi-même au niveau mental

Lorsque je propose des exercices de respiration pour se détendre ou de visualisation pour améliorer sa concentration, un joueur sur trois va me dire, après deux ou trois jours, que les exercices ne fonctionnent pas. Lorsque je lui demande comment il procède, il ne saisit pas que la maîtrise des émotions doit se faire dès qu’un facteur extérieur vient affecter nos pensées, peu importe la situation ou le contexte. Il croit qu’en disant quelques affirmations régulièrement, cela changera son comportement, son attitude ou diminuera son sentiment négatif.
Souvent, il me dit : « Je pratique les affirmations pour être plus positif 20 minutes par jour. ». « D’accord. Et combien de temps consacres-tu à penser au contraire des affirmations? ». Sa réponse vient tout naturellement : « Trop souvent. ». Voilà le bobo.
 

L’authenticité de mes rencontres avec les joueurs

La force mentale ne vient que d’une chose : réaliser que tu es dans un sentiment négatif (doute, peur, anxiété, colère, tristesse, etc.), l’assumer et utiliser les outils que je te propose pour atténuer son pouvoir sur toi. Que ce soit à l’école, à la maison, à ton appartement, avec ta famille, tes amis, au gym, au travail, à l’aréna ou sur la planète Mars, l’émotion que tu ressens lorsque quelque chose t’affecte est toujours la même. Si tu utilises ces situations banales de la vie pour apprendre à réaliser et contrôler ton émotion négative, tu viendras rejoindre les 2 joueurs sur 3 qui, eux, expérimentent à temps plein leurs émotions, en font une partie de leur entraînement hors glace, afin qu’elles ne détruisent pas leur mental lorsqu’ils ont leurs patins dans leurs pieds.
Certains joueurs me contactent dès qu’un élément perturbateur vient détruire une journée parmi tant d’autres. On parle 5 minutes, le temps de se recentrer non pas sur l’événement, mais sur ce que le joueur ressent et comment il réagit : réaliser et connaître l’émotion, respirer et visualiser. J’admire ces joueurs qui, bien qu’ils aient des outils, se sentent incapables de procéder et prennent la peine de m’appeler. N’importe quand. Ça, c’est le développement à son meilleur. Oui, j’ai souvent des discussions très viriles, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et je vous garantis qu’on ne s’échange pas des recettes de cuisine. Quelquefois, il parle fort, gueule, sacre et pleure, mais ça finit toujours bien malgré tout. Il sait que je comprends davantage la source du problème s’il laisse aller son émotion. Il sait que je ne le jugerai pas. Il a pleinement confiance en moi. Il se laisse aller. La vraie émotion brute, authentique, il n’y a rien de tel pour identifier et contrôler ses émotions. Après l’appel, la réalité est la même pour le joueur, sauf sa façon de penser.
 

La préparation mentale, un atout qui te servira bien plus loin que sur la glace

Les joueurs qui pratiquent la force mentale tout le temps ne sont pas nécessairement ceux qui gagnent tout le temps. Mais ils sont bien mieux avec eux-mêmes, sont capables d’évaluer ce qui se passe lorsque leurs shifts sur la glace laissent à désirer et cessent de blâmer le coach, les autres, ou tout autre élément extérieur.
Lorsque le joueur comprend que s’il se fâche après un événement de sa vie quotidienne et qu’il se contrôle, s’il vit cette même émotion sur la glace, oui, l’émotion sera toujours là, mais elle aura très peu ou pas de pouvoir sur lui. Car il l’a déjà contrôlée ailleurs. Répétition. Répétition. Répétition.
Les joueurs qui veulent avancer ne font que cela. Utiliser la vie comme tremplin mental pour mieux avancer dans leur sport. Comme ils utilisent le gym et l’école pour avancer physiquement et académiquement.
Simple comme bonjour, mais malheureusement, et trop souvent, on rend cet aspect trop complexe et inaccessible.
Quand un joueur me dit « Tu vas t’occuper de ce que j’ai entre les deux oreilles? », je lui réponds, en riant : « Non. Je vais faire mieux. Je vais te montrer comment TOI tu peux t’en occuper ».
...C’est un beau travail.

Josée Lemieux
 
 
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