Quand le jeu devient autre chose...

3 May 2017|Par Danick Bouchard
Quand le jeu devient autre chose...
Quand le jeu devient autre chose...

Quand le jeu devient autre chose…

Lors de mon premier blogue , je vous ai parlé de mon enfance et de ma passion obsessive du hockey.
Ce feu est-il toujours intense aujourd’hui? Il est toujours présent, oh que oui, mais je vous mentirais si je vous disais qu'il est aussi fort.

 

La beauté d'être un enfant


Selon moi, cette passion s'atténue au moment où on s'aperçoit que le hockey devient plus qu'un simple jeu. Quand j'étais petit, je ne comprenais pas ce qui se passait, je n'entendais pas certains parents se dire entre eux que j'étais de trop petite taille ou bien que j'étais un « mangeux de puck », que plus tard ça ne pourrait jamais fonctionner pour moi... je ne faisais que jouer au hockey et ne pensais qu'à une seule chose: gagner et marquer des buts. J'étais tellement heureux. On n'avait qu'à regarder mon grand sourire à travers ma grille blanche accrochée à mon affreux casque Jofa chaque fois que j'embarquais sur la glace pour s'apercevoir du bonheur qui m'envahissait !!

 

Quand l'enfant et les épreuves se croisent


Au fur et à mesure qu'on évolue au hockey, l'étau se resserre, la compétition embarque et je devais passer dorénavant par des obstacles jamais rencontrés lorsque j'étais novice, atome, peewee ou bantam.
La première fois où je me suis fait retrancher d’une équipe car elle n'avait pas besoin de moi car, selon elle, je n'étais pas assez bon, ça a fait mal !! Pour un jeune passionné comme moi, ce fut une bonne tape en plein visage et ma passion aurait pu disparaître petit à petit.
C'est à ce moment-là que tout le côté obscur du hockey peut entrer en ligne de compte et mes parents avaient, à présent, un rôle très important à jouer pour conserver les valeurs que le hockey m'avait apportées jusqu'alors.

 

Les parents, l’outil de support primordial 


Pendant l'évolution de ma jeune carrière, j'avais un père très froid et strict au nord et une mère au sud qui ne cachait jamais ses émotions en jubilant chaque fois que je marquais des buts !! Le mélange de ces personnes qui m'aimaient tant a été une recette parfaite pour moi.
Mon père m'a appris que rien ne venait sans effort, dans la vie comme au hockey, et que l'humilité était la chose la plus importante.
Ma mère était toujours là pour me réconforter, me donner des petites tapes dans le dos quand j'étais dans une période plus difficile.
Je leur dois la personne que je suis aujourd'hui, car sans eux, qui sait, je serais sûrement à la retraite depuis longtemps en me demandant ce qu'aurait été ma carrière si j'avais fait les efforts nécessaires. De plus, cette force de caractère inculquée régulièrement dans ma jeunesse me sert tellement souvent dans la vie de tous les jours et j’en suis infiniment reconnaissant.

 

L'adolescence, le moment de vérité


C'est certain qu'ils ne pouvaient pas tout faire à ma place et à certains moments de mon cheminement, c'est moi qui ai dû décider de l'effort et des sacrifices que je devais fournir. Je regrette encore certaines périodes de ma carrière aujourd'hui et je me demande souvent jusqu’où j’aurais pu me rendre si j'avais fait des choix différents.

La période qui m'a fait le plus mal et qui, selon moi, est la plus déterminante dans le parcours d'un joueur de hockey, est l’adolescence. Lorsque j'ai eu ma petite passe "yo man" avec les pantalons qui frottaient presque le sol et ma casquette rentrée jusque dans les yeux, je descendais même mes culottes de hockey durant les matchs pour avoir l'air cool. Pas besoin de vous dire que mon coup de patin devait être un peu diminué...

‘’Mais non papa voyons donc, ça change rien’’ … ‘’Hum Hum  .. Ok Danick, c’est toi qui le sais.’’

Durant les matchs, si j'avais deux buts ou plus, je ne voulais pas en faire davantage, de peur d'avoir l'air "frais chié" aux yeux des autres. Il faut dire qu'à cette époque j'avais 15 ans et j'avais pris la décision de renoncer au Midget AAA pour aller jouer Bantam AA avec mes amis. Une décision que je regrette encore aujourd'hui même si j'avais réussi à me tailler une place dans la LHJMQ à la mi- saison suivante avec les Cataractes de Shawinigan.

Mon comportement est passé soudainement de celui d'un enfant hyperactif, ou presque, qui ne pensait qu'au hockey à celui d'un ado qui se la coulait douce en se donnant un style "no pressure" relaxe et un peu mou. Le plus dommage là-dedans est que cette période est LA période qui dicte la suite pour un jeune joueur. En sachant que l'année de repêchage junior est à 15 ans et que celle de la LNH est à 17 ans, l'adolescence peut vraiment nuire comme faire exploser une carrière.

 

Soyez à l'écoute de vos réels désirs et projetez-vous là où vous avez toujours voulu être

Le meilleur conseil que je pourrais donner aux joueurs qui entrent dans cette période cruciale est d'écouter le fond de son cœur. On est tellement influençable à l'adolescence que j'ai l'impression que beaucoup, dont moi à cette époque, se laissent entraîner par la mode et les tendances du moment pour se fondre dans le moule. Par contre, durant ces quelques années, mon cœur me criait sans arrêt de me réveiller et de me reprendre en main sans me soucier de ce dont je pouvais avoir l'air aux yeux des autres. Je l'ai fait par la suite, mais il était trop tard...
 

Identifiez vos vrais amis qui possèdent les mêmes valeurs que vous, ne vous lâchez surtout pas, défoncez-vous ensemble et repoussez vos limites. De cette manière, vous avancerez dans la bonne direction et des liens incroyables et inoubliables se formeront !!

 

D’un passionné de la game,
Danick Bouchard


 

 

 

 

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