Comprendre et soigner les blessures à la hanche au hockey

1 octobre 2019|Par Cédric Lafond
Blessures à la hanche au hockey

Le hockey : un sport propice aux blessures à la hanche

Le hockey est un sport exigeant à cause de la grande quantité de mouvements dans des amplitudes extrêmes. Le meilleur exemple est le gardien de but avec son style papillon pour effectuer un arrêt. La demande musculo-squelettique est énorme et met un grand stress sur les articulations et les tissus mous. Une articulation très affectée par ces stress est la hanche. Une des blessures fréquentes est le conflit fémoro-acétabulaire. En effet, selon les études, le conflit fémoro-acétabulaire compte pour 5,3% des blessures à la hanche. Voyons plus en détail cette pathologie limitante pour les athlètes.

Anatomie de la hanche

L’articulation de la hanche est formée par la jonction entre le fémur et l’acétabulum, une partie de l’aile iliaque. Il s’agit d’une articulation solide permettant une grande quantité de mouvements. Plusieurs ligaments maintiennent la tête fémorale en place. Plusieurs muscles sont attachés autour de cette articulation, lui permettant de supporter le poids du corps lors de la position debout.

Étiologie du conflit fémoro-acétabulaire

Il semblerait qu’une prédisposition génétique pourrait expliquer l’existence du conflit fémoro-acétabulaire. La situation s’empire lorsqu’elle est combinée avec un chargement répétitif de la hanche et/ou une flexion de hanche répétée. Ce chargement répétitif de la hanche en vient à causer des déformations osseuses de l’acétabulum ou de la tête fémorale, créant un mauvais contact entre le fémur et le bord de l’acétabulum. Il existe 2 types de déformations : la déformation en CAM et la déformation en PINCER. Dans la déformation en CAM, la jonction entre la tête et le col du fémur n’est pas sphérique, amenant des contacts à la jonction avec le cartilage de l’acétabulum. Dans la déformation en PINCER, les bords de l’acétabulum enrobent la tête fémorale pouvant amener à une dégénération et à des déchirures du labrum. Ces déformations peuvent aussi être combinées pour créer des blessures complexes. La position jouée par l’athlète est un facteur de risque de conflit fémoro-acétabulaire. En effet, il est rapporté que les gardiens de but sont beaucoup plus à risque de développer un conflit fémoro-acétabulaire parce que leur position de base en papillon amène les hanches en rotation interne maximale avec une mise en charge complète sur la hanche, et ce, de façon très répétitive.

Symptômes du conflit fémoro-acétabulaire

Les signes et symptômes d’un conflit fémoro-acétabulaire sont multiples et variés. La douleur apparaît souvent de façon progressive sans traumatisme apparent. Elle se situe le plus fréquemment au niveau de l’aine et augmente en intensité avec le temps. Elle est exacerbée par l’activité physique. On note habituellement une limitation en fin de flexion de hanche et de rotation interne. On note également un manque de force en abduction et en flexion de hanche. Fonctionnellement, l’athlète se plaint de difficulté et/ou de douleur aux squats et au patinage. Le meilleur moyen diagnostique pour confirmer un conflit fémoro-acétabulaire est le test d’imagerie (radiographie et IRM pour évaluer blessure au labrum sous-jacent).

Traitement du conflit fémoro-acétabulaire

Un traitement conventionnel incluant physiothérapie, éducation, prévention et anti-inflammatoire est le traitement précoce du conflit fémoro-acétabulaire. Les traitements en physiothérapie incluent du renforcement du core et de la hanche, des étirements et des exercices pour regagner l’amplitude articulaire, des exercices de contrôle moteur pour maintenir un alignement optimal de la jambe en mouvement et différentes modalités pour contrôler la douleur et les autres symptômes présents. Le reconditionnement en physiothérapie est aussi un bon traitement conservateur, puisqu’il permet de déceler les mauvais patrons de mouvements utilisés par le corps pour compenser les mouvements fautifs.

Dans les cas plus sévères, une consultation en orthopédie est requise avec possibilité de chirurgie pour éliminer la source d’accrochage à la hanche. Un programme de réadaptation doit par la suite être effectué pour regagner la force et l’amplitude articulaire de la hanche en vue d’un retour au jeu.

N’hésitez pas à communiquer avec moi chez Physiothérapie SN+ au (819) 477-7751 ou par courriel afin de répondre à vos questions ou à prendre rendez-vous.

A noter que des exercices de prévention de blessures sont démontrés par vidéos sur la plateforme web iCoacHockeyD

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