La spécialisation hâtive, une épine dans le pied du hockey québécois

28 octobre 2016|Par Gabriel Girard
La spécialisation hâtive, une épine dans le pied du hockey québécois

Je me nomme Gabriel Girard, je suis Bachelier en Éducation physique & à la Santé, entraineur en patinage de vitesse (Suisse, Canada, Pays-Bas & actuellement Allemagne) et je travaille également avec des hockeyeurs depuis plus de cinq années. Donc comme vous pouvez le constater, je ne proviens pas du milieu du hockey, toutefois je m'y définit comme un spécialiste du patinage.

Trop peu d’élus

Le hockey est notre sport national, nous avons les installations, les infrastructures et nous avons un nombre d'adeptes très élevé. Pourtant, depuis que je m'implique dans le hockey pour le "Power Skating", j'entends constamment de la part des autres entraîneurs que le nombre de joueurs québécois dans la LNH n'est plus ce qu'il a déjà été, ni ce qu'il devrait être.

La spécialisation, à condition de passer par la généralisation

Selon moi, une partie du problème se trouve dans la spécialisation hâtive que subissent plusieurs jeunes talents du hockey au Québec. Le développement à long terme, lui, requiert une progression de la généralisation vers la spécialisation. Pour faire un parallèle plus commun, au niveau académique on apprend d'abord les connaissances générales au primaire, puis un jour, une spécialisation à l'université. Ainsi, autant au niveau physique que technique, la spécialisation trop hâtive est donc un important obstacle à l'atteinte du plein potentiel d'un athlète dans son sport.

La diversification du savoir athlétique est la solution

De mon point de vue, pour développer un patineur rapide, il ne faut pas simplement travailler en vitesse. Cela peut sembler paradoxal, mais jusqu'à un certain âge, les jeunes athlètes doivent se diversifier par une pratique sportive variée qui les amènera à être plus habiles, moins à risque de blessures et ultimement plus rapides. En plus d'être des athlètes plus complets à la base, cette progression pourra également leur permettre d'être plus réceptifs à de nouveaux enseignements ayant préservé et maintenu leur capacité d'apprentissage. C'est ainsi qu'un athlète améliorera constamment sa technique et son physique.

Plus on attend, plus on y gagne

Plus la spécialisation sera retardée par un entraînement qui prône la polyvalence, plus il sera facile pour l'athlète de se modeler aux exigences de son sport le temps venu et atteindre son plein potentiel, quel qu'il soit!

Je vous quitte en vous invitant à visionner une vidéo de USA Football qui présente l’importance d’être un athlète complet avant de se concentrer sur une spécialité. Fait notable, 28 des 31 choix de la première ronde du repêchage NFL 2016 étaient des athlètes multidisciplinaires avant d'atteindre les rangs professionnels.

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