La résilience en quatre étapes, lettre ouverte

12 octobre 2016|Par Maxime Aubut
Professionnel
La résilience en quatre étapes, lettre ouverte

J’ai fondé Hockey Projection avec mes deux partenaires pour une raison en particulier; AIDER les intervenants du hockey à se développer et à vivre un parcours enrichissant! Mais pour moi, Hockey Projection est également une tribune extraordinaire ou je peux raconter mes histoires, donner mes opinions et tenter, bien modestement, d’aider le plus de gens possible. Voici donc mon humble opinion sur la résilience.

La définition 

Voici la définition du dictionnaire : la résilience désigne la capacité pour un corps, un organisme, une organisation ou un système quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération. Si l'on applique cette définition à la psychologie, la résilience est la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l'adversité et des traumatismes vécus. Vous me voyez venir. Il y a des centaines d’exemples d’adversité au hockey.

1. La situation 

On revient du vestiaire pour débuter la « deuxième ». Les joueurs prennent place sur le banc. Pas moi. J’ai été choisi pour commencer la période. L’aréna est plein, on joue contre l’Océanic de Rimouski. Je connais un bon match. J’ai des « jambes », je réagis bien, le « puck me colle sur le tape », je vois tout sur la glace. Mon joueur de centre gagne la mise au jeu vers moi, la rondelle est dans un « entre-deux », est-ce que je tente ma chance ou je reste à ma position…

Je suis « sharp » aujourd’hui, j’ai le temps de me rendre. J’explose vers la rondelle… non, je n’avais pas le temps de me rendre. Le joueur adverse prend le contrôle, me sert une tasse de café deux sucres deux laits et file vers mon gardien. Le reste n’a pas beaucoup d’importance (OK… il a compté), mais l’important c’était plutôt comment j’allais gérer cette erreur par la suite. 

2. La Gestion

Nulle. Voici le mot qui expliquerait le mieux ma façon de gérer l’échec. À 18 ans, dans la meilleure ligue de hockey au Québec, on pense qu’on est infaillible, ou du moins, on veut le faire croire. Je vous le dis, on est très loin de l’être. Une seule petite erreur me sortait complètement d’un match. Je devenais inutile, incapable et un fardeau pour mon équipe (c’est-ce que je pensais dans ma tête). Le reste du match était souvent un enchaînement d’erreurs et de mauvaises décisions. Je gâchais 30 minutes de mon match pour UNE mauvaise décision prise en un dixième de seconde. Avec du recul, je suis persuadé que je n’ai jamais atteint mon plein potentiel parce que je n’étais pas capable de gérer l’échec.

3. La solution

Inaccessible. Voilà le mot que j’utiliserais pour décrire les solutions que j’avais. Il y avait deux raisons à cela. La première; moi. J’avais peur. Peur d’admettre que j’avais besoin d’aides. Peur d’admettre que j’avais des faiblesses. J’avais toujours été le meilleur partout où j’étais passé. Je ne l’étais plus et c’était dur à accepter. Je ne cherchais pas de solutions, je me mentais à moi-même. Admettre et accepter est la première étape vers une meilleure version de nous-mêmes.

  La deuxième; je ne dirais pas que c’était un manque de ressource, mais plus un manque de valorisation. À mes débuts (il y a 14 ans, ben oui…) la culture dans le junior majeur était très « old school ». On ne valorisait pas beaucoup l’estime de soi et la compréhension du processus de préparation mental. Les choses ont commencé à changer avec la venue de jeunes entraineurs dans la ligue. C’est maintenant bien différent!

4. La conclusion

Tous les joueurs exceptionnels que j’ai côtoyés dans ma carrière acceptaient l’erreur sans problème. En fait, c’était souvent leur force. Oublier l’erreur aussitôt faite et faire dix bons jeux par la suite. Ces joueurs étaient forts mentalement et possédaient une confiance inébranlable. On dit souvent que la plupart des athlètes de haut niveau sont « frais ». Ça fait partie des raisons pourquoi ils sont si bon, savoir que peu importe ce qu’ils font, ils restent LE meilleur. Ça fait partie du personnage comme on dit!

Pour terminer, ne sois pas ce gars qui se remet en question ou qui hésite pour aller chercher de l’aide. Ne sois pas ce gars qui gaspille son talent parce qu’il a peur de ce que vont dire les autres. C’est ta carrière et elle passe juste une fois, prends action! Sois la meilleure version de toi-même!

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