La posture du joueur de hockey et ses effets

9 novembre 2016|Par Cédric Lafond
La posture du joueur de hockey et ses effets
La posture du joueur de hockey et ses effets

La posture du joueur de hockey et ses effets

Les joueurs de hockey commencent habituellement à pratiquer leur sport à un jeune âge. À force de s’entraîner de façon spécifique, cela entraîne un développement musculaire asymétrique en lien avec le port du bâton et la grande répétition de mouvements similaires.1 Durant la poussée de croissance, ce développement musculaire s’intensifie à un point où certaines problématiques musculo-squelettiques peuvent apparaître. Parmi ces problématiques, on retrouve des déficits au niveau de la posture et de la flexibilité musculaire. Ces problèmes sont très fréquents chez le joueur de hockey et méritent une attention particulière en vue de prévenir certaines blessures. 

Définition de ces deux problèmes 

Posture : Position du corps ou d’une de ses parties dans l’espace.2 

La posture est une position statique où les muscles présentent un tonus musculaire minimal pour soutenir cette position. Elle est influencée par l’environnement, les habitudes de vie, les activités et la croissance. 

La posture durant la poussée de croissance chez les ados  

Chez l’enfant en poussée de croissance, les os et les muscles s’étirent à un rythme différent, la croissance osseuse étant plus rapide que la croissance musculaire. Il s’ensuit donc une diminution de la force et du tonus musculaire. Selon les études scientifiques, environ 30% des adolescents auront un débalancement au niveau de la colonne vertébrale durant leur poussée de croissance.

Dans notre société où l’ordinateur et les appareils électroniques prennent une place majeure dans la vie quotidienne, le maintien d’une posture adéquate est souvent altéré par les nombreuses heures statiques dans la même position. Pour l’adolescent, il est donc important de s’entraîner à maintenir une bonne posture

Flexibilité : Capacité du muscle afin de s’étirer sans créer de traumatisme/blessure. 

La flexibilité, quant à elle, est régie par plusieurs facteurs dont la majorité sont modifiables. Elle est altérée par le système nerveux, qui augmente ou diminue le tonus musculaire, par les habitudes posturales et par d’anciennes blessures ou des maladies amenant un raccourcissement du muscle (fracture avec plâtre prolongé, spasticité).
                                                   
1La posture et le bilan musculaire de joueurs de hockey de niveau midget : effets d’un programme d’exercices,G.Leclerc, mémoire présenté à l’Université du Québec à Trois-Rivières, déc. 2005
2Dictionnaire Larousse
3The body posture and its imbalances in children and adolescents, A. Leonard et M. Sabina, Science,Movement and Health, Vol. XIV, september 2014, 14, pp. 354-359

Le manque de flexibilité dans un groupe musculaire entraîne une diminution de mouvement dans le sens opposé à la contraction du muscle impliqué. Pour illustrer ce concept, prenons l’exemple d’un ischio-jambier trop tendu.
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Comme ce muscle fléchit le genou, il sera possible de noter un manque d’extension du genou à l’évaluation physique ou une résistance à la fin du mouvement. Il est aussi important de noter que la force et la flexibilité sont deux concepts distincts. En effet, un muscle tendu n’est pas nécessairement fort et un muscle souple n’est pas assurément faible. Certains muscles comme les érecteurs du rachis se tendent lors d’une blessure au dos pour stabiliser les différents segments de la colonne vertébrale. Or, ces muscles, après être relâchés, doivent être renforcés afin de poursuivre leur rôle de stabilisateur de la colonne vertébrale.  

Avoir une bonne posture n'est pas négligeable car celle-ci influence ta flexibilité 

Ces deux concepts sont inter-reliés en plusieurs points. Premièrement, un changement au niveau de la posture amène certains muscles en position raccourcie et d’autres en position allongée. À long terme, les muscles conservent cette position plus courte, résultant en diminution de la flexibilité à ces muscles. Également, un manque de flexibilité peut entraîner une modification de la posture. Illustrons ceci avec un joueur de hockey.

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4www.lombalgie.fr
5enprolongation.com

Les conséquences de cette position fléchie à long terme 

Le joueur de hockey maintient très souvent une position avec les genoux et les hanches fléchies pour maintenir son centre de gravité altéré par les patins. Cette posture entraîne souvent des tensions musculaires et un manque de flexibilité dans les psoas-iliaques (muscle de la hanche situé près de l’aine). Ce manque de flexibilité amène le bassin du hockeyeur vers l’avant et donc une augmentation de la lordose lombaire (creux dans le bas du dos) s’ensuit.6 Un autre exemple chez le hockeyeur est le manque de souplesse aux ischio-jambiers. La position avec les genoux fléchis rend les muscles à l’arrière des cuisses plus tendus et moins flexibles. 

L’altération de la posture et/ou de la flexibilité sont rarement une cause directe de blessure. Par contre, elles sont de grands facteurs de risque de blessure. En effet, l’altération de la posture amène le corps à compenser pour effectuer ses mouvements normaux. Ces micro-compensations viennent irriter certaines structures du corps et créer de petites lésions.  À long terme, ces petites lésions se transforment en microtraumatismes et, ultimement, une blessure survient. Ainsi, il n’est pas essentiel d’avoir une blessure ou un impact pour qu’une douleur survienne.   

Vaut mieux prévenir que guérir... N'attends pas d'être blessé pour faire appel à un professionnel 

Un des moyens de prévention les plus efficaces pour éviter ces blessures de compensation est l’évaluation et la correction des déficits posturaux et musculaires par un professionnel qualifié. En effet, plusieurs professionnels, dont le physiothérapeute, procèdent à une évaluation détaillée de la posture, de la souplesse et de la force musculaire de leurs clients. Un des rôles principaux du travail de physiothérapeute est la prévention des blessures, donc il n’est pas essentiel de s’être blessé pour consulter un physiothérapeute. Il se fera un plaisir d’évaluer la posture et les différents déficits associés au développement musculaire de l’athlète, puis lui fournira un plan de traitement spécifique et individualisé combinant exercices et techniques manuelles afin de corriger les problèmes décelés.  

N’hésitez pas à communiquer avec moi chez Physiothérapie SN+ par téléphone au (819) 477-7751 ou par courriel au clafond@physiosn.com. Il me fera plaisir de répondre à vos questions ou pour prendre rendez-vous.
                                                        
6La posture et le bilan musculaire de joueurs de hockey de niveau midget : effets d’un programme d’exercices,G.Leclerc, mémoire présenté à l’Université du Québec à Trois-Rivières, déc. 2005

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