LE HOCKEY VU DE L’INTÉRIEUR – KARL BOUCHER

5 janvier 2017|Par Serge Côté
Journaliste
LE HOCKEY VU DE L’INTÉRIEUR – KARL BOUCHER

J'ai toujours été différent des autres à la base, je pense.

Je me souviens, pendant mon enfance, on jouait au hockey sur les patinoires extérieures. Mes amis avaient des chandails de Wayne Gretzky, Guy Lafleur, Mario Lemieux, Mats Naslund etc.

Moi, j'avais mon chandail de John Kordic.

Je dois dire que je m'ennuie de ce temps-là. Rien de mieux que s'amuser à jouer au hockey, autant dans des ligues organisées qu’entre amis. Maintenant, je regarde le hockey et on dirait que beaucoup voient leur fond de pension dans leurs enfants. Camp d’été, école de hockey, saison de hockey... donc du hockey 11 mois sur 12. Ça explique peut-être pourquoi plusieurs, une fois arrivés à l'âge junior, sont carrément tannés et lâchent.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, je ne portais pas un chandail de John Kordic pour vouloir être différent des autres, mais parce que je l’étais. Le gars était mon idole, je retrouvais une adrénaline en lui. En plus lui et moi avions la même date de fête haha!

 

Je me rappelle cette époque où les arénas de la NHL étaient pleins partout. Selon moi, cette popularité résultait de deux facteurs :

Premièrement, le bas prix des billets.

Deuxièmement, pendant la semaine d'un match Canadien-Nordiques ou Canadien-Bruins, bien le talk of the town n’était pas à savoir qui allait gagner le match, mais plutôt à savoir si Kordic et Miller se poigneraient, si Nilan et Miller se poigneraient, si Kordic et Donnelly se poigneraient, etc. C'est ça qui créait des rivalités. Les rivalités créent un engouement et l'engouement apporte des spectateurs.

Ce n’est pas en jouant quatre, cinq, six ou sept matchs sans émotion chaque année contre une même équipe qu’on développe une rivalité.

Je me souviens également des foules et de l'atmosphère dans les arénas de la LHJMQ à l'époque ou Baie-Comeau avait des Ryan James Hand, Guy Turmel ou Patrick Simard dans son lineup... Québec comptait sur des gars tels Cody Doucette, Brandon Tidball, Tyler Chambers et Laval, sur Sandy McCarthy, Gino Odjick, John Kovacs, etc…

Bref, le hockey a beaucoup changé. Pour le mieux, diront certains et pour le pire, diront d’autres. Chose certaine, personnellement, je suis partagé. D’un côté, le partisan qui a toujours ses chandails de John Kordic, Bob Probert, Stu Grimson et Marty Mcsorley, ainsi que ses 700-800 dvd de batailles au hockey... d’un autre, le gars de hockey qui lui a d'autres sortes de souvenirs, les souvenirs d'avoir côtoyé des partisans, joueurs et propriétaires, des hommes de hockey extraordinaires. Puis d'avoir été choyé de gagner des championnats.

Le début de l'aventure

PARCOURS PROFESSIONNEL :

Je dirais que le tout a commencé en 2004-2005.

J'étais un partisan passionné de la LNAH. J'allais voir des parties de l'équipe à St-Georges et me disais que je pouvais aider l'équipe. J'avais tenté une approche auprès du directeur général de l'époque en lui montrant une liste de noms de joueurs avec qui j'avais des contacts et de me le dire s'il était intéressé. À ma grande surprise, je n’avais jamais eu de retour d’appel... mais en y repensant, je comprends : un p’tit clin que tu ne connais pas qui va te voir en te disant ça, c'est un peu normal que tu n’en fasses pas de cas.

Malgré tout, j'avais toujours en tête de travailler dans le hockey et étais prêt à prendre n'importe quelle route pour y arriver.

Lors de la saison 2005-2006, François Jacob, qui était alors préposé à l'équipement pour l'équipe de St-Georges, me demanda si je voulais aller lui donner un coup de main comme préposé. Tout de suite, les cloches ont sonné et j’ai vu l'opportunité d’entrer dans le cercle fermé de l'équipe… rendu là, ce serait à moi de travailler pour le reste.

Comme de fait, cette année-là, l'équipe n’avait pas une bonne saison. Le DG de l'époque, Marc Fortier, cherchait des solutions et je me suis mis a chercher des joueurs, parler avec des joueurs, mettre l'équipe en contact avec certains gars... les discussions avec ces joueurs n’étaient pas nécessairement positives, mais la direction de l'équipe voyait que je me débrouillais et quand elle cherchai les coordonnées d'un tel ou tel joueur, bien ils me demandaient si je pouvais trouver cela. Ils en étaient rendus à m'appeler le Sherlock Holmes du numéro. Je voyais cela d'un bon œil haha!

Durant l'été 2006, j'avais espoir que l'organisation de St-Georges me demande de faire le repêchage avec eux. Ce ne fut pas le cas, alors quand j'ai vue cela, j'ai quitté et offert mes services comme recruteur indépendant a quelques équipes.

Cette saison-là, j'avais commencé avec le RadioX de Québec et avais emmené quelques durs pour commencer la saison en Cody Doucette, Ken Patzack et Nick Greenough.

Petite anecdote : j’avais emmené un gars de l'Ouest dont je vais taire le nom. Lorsqu'il est arrivé à l'aéroport, un joueur était allé le chercher et lui avait remis un DVD avec des combats de Steve Bossé en lui disant qu’il devrait l’affronter... le lendemain matin, le joueur avait quitté Québec!

Cette même saison, j'avais également commencé à travailler un peu avec St-Hyacinthe et avais eu la chance d'emmener Sean McMorrow, qui venait tout juste d'être libéré de la AHL, ainsi que quelques autres gars.

J'avais vraiment aimé côtoyé un gars comme Pierre Pelletier, entraîneur a l'époque, qui était un gars intense.

Durant cette même saison, je me suis mis à parler avec pas mal de joueurs qui jouaient Junior, dont plusieurs disaient qu’ils aimeraient aller jouer aux États-Unis mais n’y avaient pas de contact. J’ai donc pris le téléphone et me suis mis à appeler des équipes dans la ECHL, la CHL et la UHL pour voir si quelqu’un recherchait un recruteur au Québec. Finalement, Derek Booth, à l’époque entraîneur de Bloomington dans la UHL, me dit que le projet de travailler avec moi l'intéressait. Nous avons travaillé ensemble cette saison-là et la suivante.

La saison 2007-2008 s'annonçait intéressante. Ça allait être la première saison où j’étais vraiment impliqué a 100% avec une équipe et ce fut à Trois-Rivières avec Dean Lygitsakos. Il me prit pour être son adjoint, on a fait le repêchage ensemble et on jasait beaucoup pendant la saison, ce qui m’a permis d'apprendre énormément. Même si j'avais plus un rôle de back bencher, j'ai adoré l'expérience, d'autant plus qu'on a gagné une coupe cette saison-là.

Durant la saison 2007-2008, j'ai également démarré mon agence de joueurs, puisque que de plus en plus de joueurs me contactaient pour que je leur trouve des endroits où jouer et qu'on ne pouvait pas tous les prendre à Trois-Rivières. bien j'ai pris plusieurs gars sous mon aile et leur ai trouvé des endroits où jouer aux USA et en Europe.

C'est lors de la saison 2008-2009 que j'ai eu mon vrai break. À l'époque, c'est Jean-Paul Blais, alors propriétaire du CRS Express de St-Georges, qui m'avait donné cette chance et je lui en suis toujours reconnaissant. Je me souviens qu'en entrevue, il m'avait demandé comment je voyais ça et je lui avais dit que je voulais gagner et que j'aimais mieux gagner devant 1500 personnes que de perdre devant 2000. Il m’a demandé ce que je voulais dire et j'ai répondu que pour gagner, il faudrait faire des moves qui ne seraient pas populaires auprès des partisans mais qui rapporteraient au bout de la ligne. C'est ça qu’il voulait, lui aussi. Il était un gagnant. Encore a ce jour, je pense que c'est probablement le seul propriétaire qui a eu 100% confiance en moi.

Cette année-là représentait un gros défi, car c'était la première année où la LNAH interdisait les outsiders (joueurs de l’extérieur). De plus, un plafond salarial pour chaque partie avait été instauré et un repêchage d'expansion pour les équipes de Ste-Marie et Rivière-du-Loup allait avoir lieu… « bienvenue dans tes nouvelles fonctions ».

Le premier move impopulaire que j'ai eu à faire a été d'échanger Joël Thériault, qui était un favori de la foule. Même si j'ai un énorme respect pour Joël, je pense que c'est un des moves qui ont relancé l'équipe à St-Georges : nous avions obtenu Jean-François Laplante, Cody Doucette et Maxime Desruisseaux en retour.

Deuxième transaction impopulaire : échanger Jean-François Soucy, un autre favori de la foule, pour Fred Deschênes, car je savais qu'on avait besoin d'un gardien #1. Je pensais que je devrais engager garda pour être sûr de ne pas avoir de bombe sous mon char hahaha!

Cette saison-là, les gens nous voyaient derniers au classement général, mais finalement, nous avions terminé en milieu de classement et perdu en demi-finale contre Thetford.

Point de vue agent de joueurs, les choses allaient également bien. Pendant l'été avant de me joindre à St-Georges, Sean McMorrow m'avait contacté pour voir si je pouvais l'aider a trouver un poste chez les pros et je lui avais trouvé une invitation au camp des Oilers d’Edmonton.

La saison 2009-2010 allait être intéressante. On perdait Kevin Cloutier, qui allait jouer en Suisse, donc on commençait avec une grosse pièce à remplacer, mais Éric Bertrand et Yvan Busque revenaient d'Europe alors cela allait aider.

Durant la saison, on avait congédié l’entraineur-adjoint et embauché Richard Vachon comme adjoint. Les gens ne comprenaient pas le but de seulement tasser l’adjoint, mais la combinaison Carl Fleury-Richard Vachon était un match parfait.

Un autre échange peu populaire a été celui de Maxime Desruisseaux, contre Erick Lajoie, mais il avait porté fruit : on avait gagné la coupe cette saison-là et Lajoie avait joué un rôle important, tout comme plusieurs autres joueurs : Yvan Busque, qui avait été nommé MVP des séries; Éric Bertrand, qui n’avait probablement pas un pouce sur le corps sans un bleu; Jean-François Laplante, qui selon moi était le leader qui a tiré tous les gars dans le même sens; Fred Deschênes, qui avait remporté par blanchissage le match décisif en finale; Jean-Francois Boucher, acquis plus tôt en saison par voie de transaction, qui frappait comme un train; Cody Doucette, qui était toujours là pour aller a la guerre; Jesse Bélanger, qui était revenu avec nous  cette saison-là et avait eu de très bonnes séries; Kévin Cloutier, revenu de la Suisse après Noël; Raymond Delarosbil, qui était le capitaine de l'équipe et avait le guts de jouer malgré les blessures et la douleur, entraînant les autres à faire de même. Des gars comme Brian Lachance et Ian McIntyre avaient apporté du caractère.

Au fond, cette année-là, personne ne nous voyait gagner, mais on avait une vraie machine de guerre remplie de caractère et chaque joueur dans l'équipe a joué un rôle important. L'esprit d'équipe étais incroyable. Il n’y avait pas de cliques. Tout le monde était chum avec tout le monde. Pas le choix. Pour gagner, ça prend ça.

L'ambiance dans l'aréna à St-Georges pour ce 6e match était incroyable. Environ 2800 personnes, l'équipe qui gagne sa première coupe et à la maison en plus... pauvre coupe, elle n’a pas été chanceuse cette soirée-là !

Saison 2010-2011 : l’été après la coupe, Jean-Paul Blais décida de vendre l’équipe a un groupe d’hommes d’affaires de St-Georges. Lors de la première rencontre avec les nouveaux propriétaires, l’un d’eux demande a moi et Carl Fleury ce qu’on pouvait apporter à l’équipe. On s’est un peu regardé en se disant what the fuck… mais à ce moment-là, on s’est rendu compte qu’on n’était peut-être pas les hommes de certaines personnes dans le groupe. Je dis « certaines personnes » car le groupe semblait divisé; une bonne partie semblait nous voir comme leurs hommes mais pour d’autres, ça semblait pas mal moins sûr… Par contre, je n’ai rien à dire contre eux. C’étaient tous des bonnes personnes, dont plusieurs avec qui je suis toujours en contact.

Cette saison-là, avec notre premier choix au repêchage, nous avions réclamé Jean-Philippe Morin, un solide défenseur qui arrivait d’Allemagne. Cette saison-là, Morin allait être nommé défenseur de l’année dans la LNAH. On avait eu une superbe saison : nous avions gagné le championnat de saison régulière avec, je crois, six matchs à jouer et étions de retour en séries.

Lors du dernier match de la demi-finale on perd J-P Morin pour le reste des séries, puis au 2e match de la finale, on perd Phil Audet et Kevin Cloutier… on affrontait Sherbrooke qui avait toute une équipe et de notre côté, les éléments importants tombaient au combat. Résultat : on avait perdu en quatre matches contre Sherbrooke. Personne n’aurait penser cela après la saison qu’on avait eue… comme quoi la saison régulière et les séries sont deux choses bien différentes.

Saison 2011-2012 : on voyait pendant l’été que nous étions encore moins les hommes de confiance de certains patrons que nous ne le croyions l’été précédent. Carl Fleury décida de quitter pour Trois-Rivières. Moi, je suis resté, Richard Vachon est devenu entraîneur-chef et nous avons eu une saison pas pire. Mais on a manqué de caractère. On avait trois parties pour aller chercher un point et faire les séries, mais on n’y est pas parvenu. Ça avait été une saison avec beaucoup de tension dans la direction de l’équipe, les joueurs le voyaient et c’est la pire chose qui pouvait nous arriver.

À l’été 2012, il allait y avoir un changement de propriétaires. Le groupe en place se séparait. Restait à savoir qui du groupe garderait l’équipe. Mon idée étais faite : si c’était certaines personnes, je restais; si c’était d’autres, je quittais. Finalement, ç’a été d’autres alors j’ai quitté. J’aurais probablement été congédié de toute façon si j’avais choisi de rester.

Le hasard faisant bien les choses, mon chum Dean (Lygitsakos) m’a appelé pour savoir si je voudrais aller avec lui à Jonquière. On a jasé pendant quelques jours et finalement, j’ai décidé de sauter dans l’aventure. Je retrouvais du monde avec qui je m’entendais bien en Dean, Éric Haley et Marc Boivin. Puis le but de faire du hockey, c’est de gagner et avoir du fun et du fun, je savais que j’en aurais avec eux car on se connaissait alors nous restait juste à gagner.

Quand on dit que le hasard fait bien les choses… quelques jours après mon arrivée à Jonquière, je reçois un message de Jonathan Paiement avec qui j’avais parlé quand j’étais à St-Georges. Il me demande si je serais intéressé à lui à St-Georges. Je lui dis que je ne suis plus à St-Georges, mais rendu à Jonquière et qu’on le prendrait à bras ouverts. Je transmets l’info à Dean et les négos commencent avec Paiement. Maintenant, il nous restait à parvenir à baisser de rang au repêchage pour parler plus tôt. On s’était monté ce qui je crois était un plan du tonnerre qui nous avait permis d’acquérir un des premiers choix que détenait St-Georges et avec ce choix, on avait repêché Paiement qui allait être une pièce maitresse la saison suivante et qui est toujours parmi les meilleurs défenseurs de la ligue.

Je me rappelle le premier weekend de camp cette année-là… j’avais vu l’atmosphère dans la chambre : les anciens accueillaient les nouveaux comme s’ils étaient là depuis plusieurs années. J’avais un bon feeling et avais dit à Dean que cette ambiance me rappelait celle de l’année où on avait gagné à St-Georges et qu’on allait accomplir de grandes choses.

Durant la saison, on avait acquis un illustre inconnu comme gardien de but du nom de Justin Collier après le départ de Karel St-Laurent pour McGill. Collier et Maxime Gougeon avaient tous deux été exceptionnels en séries et nous avaient permis de remporter une coupe… une coupe encore une fois bien fêtée hahaha!

Pour la saison 2013-2014, me voilà de retour à Jonquière. Quelques changements avaient été faits durant l’été, mais les joueurs et le staff avaient toujours autant de plaisir. Résultat : une autre coupe.

Deux en deux. Wow!

La saison 2014-2015 on avait eu une bonne saison, mais perdu en demi-finale contre Thetford. Nous étions vraiment convaincus cette année-là d’y aller pour trois en trois, mais ce ne fut pas le cas.

Durant l’été, Dean et Éric ont pris la direction de St-Georges, moi celle de Rivière-du-Loup et Steeve Larouche est demeuré à Jonquière. Le groupe se retrouvait donc séparé.

Je me rappelle encore ma rencontre de cet été-là avec les propriétaires des 3L. On s’était rencontré à Levis, pensant que ce serait une rencontre de 45 minutes… je crois que ca avait duré deux heures.

Quelques jours plus tard, je reçois un appel de Jean-François Béliveau (vice-président) me disant que j’étais le candidat choisi. Plusieurs sentiments passent à ce moment-là, dont la joie de relever un nouveau défi et la crainte d’arriver dans une nouvelle organisation où tu ne connais presque personne et dans une nouvelle ville où celui dont tu prends la place est un local.

Les premières semaines, tu te demandes si tu as fait le bon choix. Tu te sens loin de tes chums… tu jase au téléphone avec eux et te remémore à quel point les saisons précédentes étaient le fun… mais c’est pas long que tu te rends compte que tu es avec une bonne gang de personnes comme nouvelle direction et que ceux-ci vont à leur tour devenir tes chums.

Plus de temps pour la crainte, c’était maintenant le temps de se mettre au travail et le but était de m’assurer de combler les trous qui devaient l’être pour débuter la saison, chose qu’on avait faite avec les repêchages de Guillaume Decelles, Simon Desmarais et de Francis Turbide, qui avait confirmer qu’il serait avec nous. Par la suite, Andrew Randazzo, Travis Fullerton et Jean-Christophe Laflamme, qui se sont tous avérés des acquisitions importantes s’ajoutaient aux joueurs qui étaient déjà là dans le passé. Puis, en cours de saison, nous avons greffé Jean-Philip Chabot, Maxime Villemaire, Francis Meilleur, Kirill Tulupov et Donnie Augustine à notre formation, tous des joueurs qui ont eu un rôle à jouer dans le succès de l’équipe.

Encore une fois, cette saison-là, nous étions considérés comme la neuvième équipe sur hui, comme une équipe de m…. Nous avons fait des mouvements de joueurs qui ne plaisaient pas. Mais au bout de la ligne, le résultat a été une coupe. Plusieurs vont dire qu’on a été chanceux, mais les gens qui étaient dans ce vestiaire-là connaissent les sacrifices qu’ils ont eu à faire, par où on est passé, toutes les petites choses qu’on a faites… alors je pense qu’on est pas mal tous pareils quand on se fait dire que ç’a été de la chance : on a tous un petit sourire en coin et je vous laisse le soin de deviner ce qu’on peut se dire dans notre tête.

Quand je fais un retour sur la saison et les bons moments qu’on a passés, que ce soit pendant des games, les voyages d’autobus ou le party après avoir gagné des séries, je peux définitivement affirmer sans me tromper que ceux dont je pensais en début de saison qu’ils allaient devenir mes chums le sont devenus.

Cette saison, on n’a pas eu le début qu’on aurait voulu et ce sont encore les mêmes commentaires qu’à toutes les années qui reviennent, mais au bout de la ligne, j’ai confiance en mon groupe de joueurs et le bon feeling que le meilleur est à venir cette saison.

Je suis quelqu’un qui aime gagner, je veux gagner à n’importe quel prix. Les gens qui me connaissent, comme ma famille, savent que je veux gagner même en jouant pour le plaisir avec des enfants au hockey, baseball, football, etc. après m’avoir vu me lancer en pleine face dans la garnotte pour attraper une balle ou me jeter devant un puck comme si c’était un match #7… ou des joueurs avec qui j’ai eu le plaisir de travailler qui savent que gagner, ça n’a pas de prix pour moi.

Moi et les gars qui veulent gagner autant que moi, on s’entend bien et même d’anciens joueurs qui avaient cette même soif de victoire, je leur parle toujours régulièrement, je crois que je peux les appeler des amis et que c’est réciproque.

Alors que d’autres, qui n’avaient pas autant ce désir de vaincre vont probablement me voir comme un trou de cul au lieu d’un ami.

J’espère que mon histoire va permettre à tout le monde qui a le désir de travailler dans le hockey de foncer et le faire. Sky is the limit. Faites ce qu’il faut, même si c’est en commençant par laver les toilettes. Mais faites-le.

Par contre, si vous faites du hockey, vous devez le faire pour les bonnes raisons; ne le faites pas pour vouloir flasher, pour vous donner un statut ou pour l’argent. Faites-le parce que vous aimez ça. Faites-le parce que vous êtes passionné. Faites-le parce que vous voulez gagner. C’est ça, les bonnes raisons.

 

Soyez conscient que c’est beaucoup d’heures de travail, de voyagement et de temps loin de votre famille et que vous ne gagnerez probablement pas votre vie avec cela.

C’est beaucoup de critiques : quand l’équipe va gagner, ce sera grâce à tout le monde sauf vous et quand elle va perdre, ce sera votre faute à vous et personne d’autre.

Mais sacrement que c’est le fun. Et ça, ça n’a pas de prix.

Karl Boucher
Directeur-général, 3L de Rivière-du-Loup                                                    

 

LE HOCKEY VU DE L’INTÉRIEUR – KARL BOUCHER
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